Dimanche 09 octobre 2005 – Stade du Uvier – Noisy le sec :

L’entente Saint-Denis Noisy-le-sec rencontre le RCP 15, vers 15 heures

1er match du championnat de 3ème division de rugby féminin, saison 2005-2006

Imaginez un terrain perdu sur les hauteurs d’une petite ville de banlieue, dans un quartier verduré ; des installations modestes mais l’un de ces endroits qui ont fait le rugby d’antan, un lieu où nous aimons nous retrouver le dimanche en famille, où se mêlent et raisonnent " 80 " minutes durant, les encouragements et applaudissements des supporters et les consignes et énervements des staff des deux parties.

La journée est belle quasi estivale pour un début de mois d’octobre ; la température limite excessive pour se livrer au combat annoncé. Car l’équipe locale est réputée pour être batailleuse et il est à craindre qu’elle ne se laissera pas conquérir facilement sur ses terres. Mais c’est un début de saison qui peut révéler son lot de surprises ou tout simplement, annoncer le début d’une belle aventure. Le rugby reste une histoire écrite par des hommes et des femmes, soucieux de partager, échanger autour d’une passion commune. Et de l’amour naît toujours de belles choses…

Sur le bord de la touche, où se sont retrouvées 30 à 40 personnes, cet après-midi ne se veut pas comme les autres. Outre le fait qu’il s’agisse du 1er match de la saison, il règne l’atmosphère des grands jours qui ont fait et continuent de faire ce sport. Une luminosité toute particulière s’est installée, signe d’une communion parfaite entre les joueuses, l’environnement justement et leur destin du jour.

Le match débute sans réelle observation. Le coup d’envoi parisien ne permet pas aux bleues et blanches de Saint Denis, de se libérer de leur pression d’avant match. Elles sont rapidement contenues dans leur camp, et la domination du RCP parait évidente.

Le jeu prend souvent au large après des regroupements provoqués par de nombreux points de fixations volontaires de l’ouvreuse parisienne ou de son premier centre, mais également imposés par une attaque souvent à plat qui se retrouve très tôt prise par la défenses adverse assez bien en place.

Mais c’est dans de petits périmètres que se déroulent les offensives de part et d’autres. On prend peu la largeur, ce qui présente avantages et inconvénients. Ainsi, les passes sont trop fortes ou à l’inverse pas assez et donc dans les chaussettes, faites à l’aveugle ou retenues ce qui fait gaspiller des 4 ou 3 contre 1 dans les 5 ou 10 mètres adverses. A contrario, la faible distance entre les joueuses autorise la participation des avants aux mouvements des ¾ et par de petites séries de passes (petites également) on progresse sur la largeur pour mettre l’ailière en situation de briller.

Le danger est venu de l'ailière qui armée de son casque s’est plusieurs fois trouvée à devoir tenir en bout de ligne, et attendre le soutien le plus souvent au sol, avant de pouvoir aplatir un premier essai plus que mérité : lancement rapide du jeu par la 9, passe sur deux pas de la 10, cadrage de la 12 puis franchissement avec enchaînement 13 – 11 et 10 mètres tout en puissance pour une joueuse accrochée bien avant l’entrée de la surface. Bravo !

Les ¾ adverses ne parviennent plus à tenir le ballon, souvent récupéré et joué dans la foulée par les noirs et jaunes. Sur le côté droit de l’attaque, Mathilde s’arrache encore à 3 reprises pour augmenter la différence de points : deux fois sur des courses en débordement de près ou plus de 30 mètres, et la troisième pour récupérer dans l’en-but un ballon rasant passé au pied par 1 pilier intercalé el un15 mais en l’occurrence suffisamment consciente de ses qualités et de celles de sa coéquipière pour oser ce coup de génie.

Les botteuses s’alternent selon leur pied, pour transformer plusieurs des essais et amener le tableau de marques à la mi-temps à pencher largement en faveur du RCP = 29-00. Saint Denis aurait-il cédé ?

La seconde mi-temps prend un tout autre visage. Les locales fières d’une remontrance en forme de leur entraîneur, s’appliquent à retrouver leur base faite d’un jeu d’avants. Elles travaillent au cœur des regroupements, les ballons portés sont rapidement libérés et ramassés. Numéros 8 et 5 mettent en défaut nos filles sur des mouvements au ras. Consommées au sol ou autour des mauls, elles passent en percussion sur le premier bloc défensif, la charnière notamment. Le RCP est enfoncé mais pas dépassé. Il n’a plus la main sur le ballon. Fort heureusement l’équipe en face, n’est pas très structurée autour de ses joueuses " vedettes " et en fin de compte bien esseulées. On sent la pression augmenter, la tendance dans la possession de balle et la domination s’inverse. Les avants se mettent à la faute, parfois peu sanctionnées car l’arbitre dans l’esprit du mouvement a décidé de laisser jouer. Le match n’en est pas moins toujours aussi plaisant, car cela bataille. Dés que l’occasion se présent, on tente la relance au pied ou à la main sans crier au feu. La maison reste soudée et les lignes en place (ce qui n’était pas forcément le cas en première mi-temps !). De fait sur un ballon perdu par Saint Denis et récupéré puis une nouvelle fois joué rapidement, Mathilde s’échappe à nouveau à l’aile (gauche cette fois). Un peu fatiguée de ses efforts, elle parcourre 10-15 bons mètres avant de s’arrêter de se retourner et de passer à sa 9 arrivée lancée qui reprend intérieur pour une course de 40 mètres et 1 essai de contre d’anthologie (bravo Lucie). Le score enfle. Encore une action collective, qui démontre l’esprit de cette journée. Le match dans les têtes s’est peut être joué là ?

Un essai de Saint Denis entre les poteaux marquera la baisse d’engagement (mais non d’envie) mais aussi la meilleure organisation en face sur certains enchaînements. Il faut dire aussi que les remplacements et un effectif qui tourne, s’il permet d’intégrer de nouvelles joueuses, demande un temps d’adaptation parfois coûteux sur le terrain. Mais le coaching, oui célébrons le aussi, outre dans la gestion des blessures s’est voulu intelligent et a permis à un groupe de vivre ensemble et sans se déstructurer, de finir cette journée comme elle l’avait commencée : par un rayon de soleil, mais cette fois sur le visage des filles du RCP.

Score final = 34-7

Félicitations à toutes ; encore bienvenue aux " petites " nouvelles (3,5,8,12,19… - pardonnez mes oublis), mais c’était là une belle façon de vous rencontrer.

Maya a été décerné à Yoan pour son " on joue la balle dans nos 5m au lieu de dégagé…"

Le bouchon d'argent a été remis à Perrine qui a su tenir brillamment sa place de 8

Le bouchon d'or a naturellement été remis à Mathilde sur ce match pour ses 4 essais d'anthologie !